Tarte à la renouée du Japon

Tarte à la renouée du Japon

Michaël Berthoud Cuisine sauvage 12 Comments

Certaines plantes ne sont pas aimées à leur juste valeur.  On les appelle souvent mauvaises herbes ou encore “néophytes invasives”. On les arrache, les broie, les brûle… C’est le cas de la renouée du Japon, Reynoutria japonica.  Pourquoi ne pas s’y prendre différemment? Par exemple, les cueillir délicatement et les préparer en de délicieuses recettes? Car ces plantes sont souvent de très bonnes comestibles et méritent qu’on s’y intéresse.

La renouée du Japon une plante dite “néophyte invasive”, c’est-à-dire une plante introduite en Europe après 1500, dont les peuplements deviennent si abondants qu’ils entravent le développement de la flore locale. Elle coûte cher aux collectivités qui dépensent beaucoup d’argent pour l’éradiquer.

On peut consommer la renouée du Japon

Cependant, comme bien d’autres plantes invasives, cette renouée asiatique est comestible! Se sont les jeunes tiges printanières qui se mangent, alors qu’elles sont encore juteuses et flexibles et que les feuilles ne se sont pas encore développées.

Ce qui est bien avec les invasives, c’est que la récolte est abondante! Quelques coups de serpe et le tour est joué! De retour à la maison, je mets les tiges dans un sauts rempli d’eau que je mets sur mon balcon. La plante, en bonne invasive qui se respecte, est coriace. Elle va rester fraiche de nombreux jours de cette manière.

Les jeunes tiges de renouées ont un goût acidulé qui rappelle la rhubarbe, l’oseille des près ou l’oxalis. Voici une recette de tarte qui fera le plus bel effet.

Précautions de cueillette

La renouée contient des oxalates et n’est pas recommandée aux personnes souffrant de rhumatismes. Sa récolte doit se faire en milieu naturel puisqu’elle a une tendance à accumuler les métaux lourds.

C’est une plante hautement envahissante. Sa récolte peut être bénéfique pour l’environnement, pour autant que vous ne laissiez aucun reste derrière vous! Aucune feuille, tige ou tout autre partie de la plante ne doit rester sur le sol, car elle risque de refaire une racine et se propager ainsi. Si vous ramenez des morceaux de plante chez vous, ne mettez rien au compost mais à la poubelle incinérable.

Tarte à la renouée du Japon

Pour cette recette, je vous propose une tarte au petit épeautre, il a tellement de goût! Mais il faut étaler la pâte à la main car elle colle beaucoup. Cette recette est inspirée de l’excellent livre “Cuisine des plantes sauvage” de Meret Bissegger, un “must have”!

Tarte à la Renouée du Japon

Que pensez vous de cette recette de tarte à la renouée du Japon? Son goût rappelle la rhubarbe!
Temps de préparation 15 minutes
Temps de cuisson 1 heure
Cueillette 15 minutes
Temps total 16 heures 15 minutes
Portions 1 tarte

Ingrédients

Pour la pâte

  • 200 gr farine de petit épeautre
  • 1 pincée sel
  • 1 oeufs
  • 100 gr beurre

Pour l'appareil

  • 100 gr noisettes moulues
  • 3 oeufs
  • 250 mL crème
  • 6 cs purée de poires
  • 2 cs fromage blanc
  • 20-30 tiges renouée du Japon

Instructions

Préparation de la pâte

  • Mélanger tous les ingrédients, ne pas trop pétrir.
  • Laisser reposez 1 ou 2h au frais. Etaler la pâte à la main sur du papier sulfurisé.

Préparation de la tarte

  • Couper les tiges en rondelles de 2-3mm d’épaisseur.
  • Mélanger tous les ingrédients et déposer sur le fond de tarte.
  • Cuire durant 1h sur un four préchauffé à 180°, en utilisant uniquement la résistance inférieure.

Avertissement

Les informations données ici peuvent ne pas être suffisantes pour déterminer une plante avec sécurité. N’oubliez pas, au moindre doute abstenez-vous! Sachez que j’organise des cours sur les plantes sauvages comestibles, médicinales et toxiques régulièrement.

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Commentaires 12

  1. Bonjour Michaël
    Merci de partager tes connaissances, au plaisir de te rencontrer bientôt! Continue!

    Sébastien

    PS: trop beau ton nouveau site!

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  2. J’ai lu que la renouée pousse sur des terrains souvent pollués et absorbe les métaux lourds… Du coup, Est-ce bien raisonnable de la consommer?

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      Bonjour Cécile,

      Effectivement, la renouée du Japon est une plante dite pionnière, qui pousse facilement dans des remblais et autres terrains remués. Comme pour les autres comestibles, il convient de la récolter en milieu naturel. Pour les métaux lourds, une tarte à la renouée ne posera pas de problème de santé, mais sa consommation régulière et en quantité n’est pas conseillée.

  3. On vient d’en récolter et on va tenter une recette…! nous essayons les recettes sauvages petit à petit, il faut apprendre ce que la nature nous offre et que l’enseignement a oublié de nous apprendre. nous consommons beaucoup d’orties, un peu de lamier pourpre, des pâquerettes, des pissenlits (tout), des rumex ou oseille sauvage , du plaintain lancéolé des prés, de l’ail des champs, du gaillet gratteron et cherchons à étendre progressivement nos connaissances pour bien apprendre. des baies de sureau noir et des prunelles en confiture et du gratte-cul.

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  4. Merci pour vos recettes que je vais essayer.
    Je me permets d’apporter un regard différent sur la renoué du Japon.
    D’après Gérard Ducerf, cette plante est incomprise.

    Elle pousse effectivement là où une pollution aux métaux lourds est présente et pas ailleurs.
    Les mycorhizes de ses racines digèrent les métaux et ainsi dépolluent profondément le sol.

    La partie aérienne est totalement exempte de pollution et reste donc comestible.
    La renoué du Japon est d’ailleurs une excellente plante fourragère pour les animaux et bien plus adaptée au système digestif des vaches que le maïs.

    S’il est facile d’introduire la renoué
    du Japon en milieu pollué, il sera impossible de la cultiver dans une prairie au sol sain.

    Après plusieurs années ou décennie de nettoyage du sol par ses mycorhizes, elle mourra faute de pollution-nourriture pour les mycorhizes vivants sur ces racines.

    Et pour finir, ses fleurs ont un parfum très agréable et attirent des centaines d’abeilles.

    Noté perso : les tiges sèches de l’année précédente sont idéales pour allumer mon poêle 😉

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      Bonjour Doudone!

      Je vous remercie de votre commentaire et de vos recherches et de les partager ! Je trouve aussi qu’il est important de changer de regard sur cette plante, et même sur la nature en général ^^

      Je ne suis par contre pas tout à fait d’accord avec tout ce qu’affirme M Ducerf. Je me permets de compléter, car c’est une plante que je connais bien pour l’avoir cartographié durant mes études.

      Oui, cette plante a une grande tendance à accumuler les métaux lourds. Certaines études essayent même de l’utiliser comme bioindicateur de sites pollués. Mais elle ne pousse pas que sur ces terrains pollués. 0.7grammes de tige lui suffit pour se ré-enraciner et potentiellement créer une nouvelle colonie. C’est le problème des cours d’eau (ce que j’ai étudié). Il suffit d’une crue, un brin de feuille ou de tige emporté par le courant et bim, un nouvelle colonie apparait en aval! Elle a une grande tolérance par rapport à d’autres et peut aussi pousser sur des sols à pH très bas ou très pollués. Mais je n’ai trouvé aucun consensus sur le fait qu’elle ne pousserai que sur ce genre de sol.

      La mycorhize, permet à la plante de mieux capter les nutriments du sol et les ingérer. Mais ensuite, ils vont migrer dans diverses parties de la plante. Chaque métal, va être accumulé par une partie différente de la plante. Par ex dans les feuilles, c’est le zinc qui prédomine, puis d’autres métaux (Zn>Cu>Pb>Cr>Ni>Cd). Dans les racines, se seront d’autres. Mais toutes les études ne donnent pas les mêmes résultats, c’est ça la science, on expérimente jusqu’à trouver un consensus.

      Donc non, les parties aériennes de la plante peuvent donc aussi accumuler des métaux lourds! Mais il en faut beaucoup pour causer des problèmes. Le bétail devrait en consommer durant 200 à 800 jours pour tomber malade.

      Est-ce que le plante va mourir une fois qu’il n’y a plus de métaux lourds? En fait je en vois pas pourquoi il n’y en aurait plus. En général, la mycorhize rend les métaux solubles, donc assimilables par la plante. Puis, ils migrent dans les racines, les feuilles ou les tiges, mais il ne disparaissent pas. Ils changent de juste dans une forme que la plante peut consommer. Ensuite, pour dépolluer le sols, il faut faucher la plante et traiter le fourrage comme un déchet, puisqu’il contient les métaux. Ainsi, petit à petit, on dépollue le sol. C’est une méthode que l’on appelle phytoremédiation.
      Mais si on ne fait rien, la plante se décompose à nouveau et le métal reviens au sol…

      Voilà quelques éclairages différents. M. Ducerf ne site pas ses sources dans ses ouvrages (en tout cas dans celui que j’ai), donc on ne sait pas s’il parle d’une observation/expérimentation personnelle, ou d’un fait avéré par d’autres chercheurs, dommage car il est certain qu’il possède une grande connaissance du sujet…

      Quelques études si vous parlez anglais:

      https://link.springer.com/article/10.1007/s11356-022-20485-7
      https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1755-1315/221/1/012145

      Amitiés
      Michaël

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