Raiponce en epi - phyteuma spicatum

Peut-on récolter la raiponce en épi?

Michaël Berthoud Cueillette des plantes sauvages, Plantes comestibles, Raiponce en épi 4 Comments

La raiponce en épi est une plante facile à reconnaître au printemps. Elle est qui est délicieuse et on la cuisine comme une asperge. Mais attention, si elle pousse parfois en colonies abondantes, il arrive souvent qu’on ne la trouve que de manière éparse et sa cueillette donc être raisonnée.


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Raiponce en épi
Phyteuma spicatum L. (InfoFlora, TelaBotanica)

Famille Campanulacées
Floraison Mai-juin
Milieux Forêts de plaine et de montagne
Abondance Localement abondante, parfois peu abondante
Parties utilisées Racines, feuilles, inflorescences

Reconnaître la raiponce en épi

La raiponce en épi est une plante sauvage comestible très intéressante, car est elle est facile à reconnaître et à utiliser. Vous allez vite la rencontrer lors de vos balades, partout en France et en Suisse. Elle fait partie de la famille des campanulacées. C’est une famille qui est caractérisée par la forme de ses fleurs en forme de cloche.

Chez les raiponces, car il y en a plusieurs comme on le verra, on ne reconnaît pas vraiment la cloche, au contraire des campanules par exemple. Les fleurs sont petites et regroupées en épis denses qui lui donnent, avant qu’elles ne s’ouvrent, la forme d’une asperge. Une fois épanouies, elles confèrent un aspect ébouriffé à la plante tout à fait caractéristique.

Elle pousse dans les forêts aux sous-bois clairs et aux bords des chemins.

Les inflorescences sont donc la partie la plus facile à reconnaître. Commencez par tenter d’en trouver au mois de mai-juin. Puis, observez les feuilles. Elles sont de plusieurs formes. Celles de la base de la plante sont en forme de cœur, alors que celles qui se trouvent sur la tige sont plus fines et lancéolées (en forme de lance).

Certaines feuilles, mais pas toutes, possèdent une tache pourpre particulière en leur centre. C’est un très bon moyen pour identifier la plante avant la floraison.

Peut-on confondre la raiponce en épi?

La raiponce en épi peut être confondue avec d’autres plantes, principalement avec d’autres espèces du genre Phyteuma. Par exemple, avec la raiponce orbiculaire (Phyteuma orbiculare L.) qui est une cousine montagnarde aux inflorescences d’un beau violet foncé. Certaines de ces raiponces violettes poussent dans des milieux alpins sensibles et sont moins communes que leur cousine en épi.

Je recommande donc de ne pas les récolter. Mais les savourer des yeux est hautement conseillé par contre!

Raiponce orbiculaire
Raiponce orbiculaire, par OhWeh.

Avant la floraison, les feuilles passent facilement inaperçues et peuvent ressembler à d’autres feuilles triangulaires. On fera attention à la tache pourpre au milieu des feuilles. C’est le caractère qui permet d’être sûr de la détermination. Avec un peu d’expérience, vous arriverez aussi à la reconnaître sans la tache.

Quelles parties utiliser?

Tout peut être utilisé chez la raiponce.

Partons du sol. La racine se récolte avant la floraison. Au stade des jeunes feuilles du mois d’avril. Elle est charnue, on la nettoyer avec une brosse. C’est une des rares plantes sauvages que l’on peut déguster crue, comme une carotte. Elle est sucrée, avec une note piquante. D’où son nom latin, spicatum.

Les feuilles, elles aussi récoltées avant la floraison, se cuisent ou se mangent crues. Elles sont délicieuses, douces avec un goût de noisette très subtil. Elle sont excellentes en salade ou peuvent être cuites comme un légume feuille.

L’inflorescence se récolte lorsqu’elle a l’apparence d’une asperge. On peut la manger crue ou cuite à l’eau ou à la vapeur. Elle est juteuse et croquante, absolument délicieuse. Si on attend trop, elle sèche, mais on peut toujours la manger, elle est juste moins juteuse.

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Récolte de la raiponce

La raiponce n’est pas une plante protégée, et elle est relativement abondante. Elle pousse souvent en colonies dans les forêts claires, ou le sous-bois est lumineux. Dans ce genre de cas, la récolte peut être abondante sans péjorer la population. Comme c’est une plante vivace, elle a de l’énergie dans ces racines, et si on lui coupe la tête, elle arrive à en reproduire une la même année si la saison le permet.

Le problème est qu’elle est trop facile à reconnaître et qu’elle ressemble trop à une asperge. Elle est plus “fun” à utiliser qu’une feuille de pissenlit. Et souvent, elle pousse au bord des chemins forestiers où il y a beaucoup de passage. Dans ces cas, elle ne pousse pas en colonies denses, mais de manière éparse, çà et là au gré de la balade. Donc vous en prenez quelques-unes, le promeneur d’après aussi. Et tient, celui d’après aussi…

Cueillette de jeunes feuilles de raiponce en épi.
Cueillette de jeunes feuilles de raiponce en épi. Remarquez que celles-ci n’ont pas de tache pourpre.

Cueillette durable

Vous voyez où je veux en venir. Elles ont eu la mauvaise idée de pousser trop près des chemins, elles sont trop visibles. Au final, elles n’auront plus la chance de fleurir. Donc, tant que les feuilles font de la photosynthèse, elles vont continuer à nourrir la racine et la plante vivra. Mais petit à petit, la population va décliner puisqu’elle ne peut plus se multiplier. Et il n’y aura plus de raiponce à cet endroit.

J’en revient donc aux principes de la cueillette durable:

  • On ne récolte que là où la plante est abondante.
  • On récolte ce dont on a besoin, toujours de manière raisonnée.

Rappelez-vous, on ne doit jamais voir la trace du cueilleur après son passage!

C’est particulièrement important pour des plantes, comme la raiponce, pour lesquelles on récolte les fleurs, donc leur organe reproducteur. Ceci est aussi valable pour les asperges sauvages: aspergettes, ornithogales…

Et vous?

Connaissez-vous la raiponce en épi? Est-elle plutôt abondante chez vous, ou au contraire peu commune?

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Commentaires 4

  1. Hello, ici à Zinal dans le Val d’Anniviers, les raiponces (les 3 sont présentes) sont très communes, et pour l’instant, il n’y a pas grand monde qui les connaît, donc c’est plutôt les vaches (et biches ?) qui les consomment annuellement, mais elles reviennent quand même.

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  2. Je me demande sur quel type de sol elle pousse. Je n’en ai pas encore observé dans ma région (roches meta-morphiques et sol acide).

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