La stellaire intermediaire: cueillette et utilisation

Michaël Berthoud Cueillette des plantes sauvages, Plantes comestibles 4 Comments

En ce mois de décembre, le sol commence à geler et la plupart des feuilles ont disparu. Leurs racines se cachent sous terre, précieuses réserves d’énergie qui permettront aux plantes de survivre aux rigueurs de l’hiver. Heureusement pour nous, quelques plantes subsistent aux dures gelées, comme la délicate stellaire dont les feuilles sont si délicieuses. C’est une des rares plantes dont on peut faire la récolte quasi toute l’année durant.


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Article publié en partie dans le journal de phytothérapie “La pharmacie secrète de dame nature”.

STELLAIRE INTERMEDIAIRE
Mouron des oiseaux
Nom latin : Stellaria media
Famille : Caryophyllacées
Cueillette : toute l’année
Parties utilisées : feuilles et tiges
Milieu : jardins, bords de chemins, lisières
Floraison : toute l’année
Altitude : jusqu’à 2200 m

Une étoile sous la neige

Durant la saison froide, je rencontre la stellaire souvent par hasard, au gré de mes balades hivernales. Elle aime les endroits mi-ombragés comme les lisières ou les chemins forestiers. Elle ne pousse pas en colonie mais plutôt en touffes, en général abondantes.

C’est une petite plante qui survit bien en hiver, elle peut même fleurir sous la neige ! Le manteau neigeux agit comme une forme de frigo naturel, ce qui permet d’en profiter toute l’année !

Selon les ouvrages, vous la rencontrez aussi sous le nom de mouron des oiseaux, qui vient du fait que ses graines sont très appréciées par ces derniers.

Comment reconnaître la stellaire

Les tiges sont longues de 20 à 80 cm et sont rampantes. Le long de celles-ci, de petites feuilles arrondies se font face, dos à dos. On dit qu’elles sont opposées. Et ses fleurs blanches très fines ont cinq pétales disposés en deux rangées.

Ses petites feuilles délicates peuvent être confondues avec d’autres plantes comme celles du genre Cerastium ou avec le mouron rouge (qu’on appelle mouron des champs en Suisse). Cependant, mère Nature nous a facilité la vie en dotant la stellaire d’un signe distinctif.

  • Observez bien la tige.
  • De plus près.
  • Encore plus près !
  • Observez les poils.

C’est ça ! Vous avez bien remarqué qu’ils sont disposés sur la tige sur une seule ligne ! Curieux, n’est-ce pas ? Cette astuce vous permettra de reconnaître la stellaire à coup sûr.

Stellaire intermédiaire.
Observer la ligne de poil sur la tige de la stellaire! Voici comment la reconnaître à coup sûr!

Propriétés médicinales de la stellaire

La stellaire pourrait bien remporter le prix de la meilleure salade sauvage (à égalité avec les feuilles de tilleul). Elle a un léger goût de noisette et elle est particulièrement tendre et juteuse. Vous ne trouverez pas d’amertume chez elle. Vous pouvez consommer les tiges ainsi que les feuilles. Donc une cueillette de quelques poignées et la salade est déjà prête !

Son absence d’amertume et son aspect juteux permettent de l’utiliser sans devoir la mélanger à d’autres plantes, comme c’est parfois le cas avec les sauvages.

Son goût n’est pas son seul atout!

Manger de la salade de stellaire permettrait même de perdre du poids. De récentes études[1] [2] indiquent un effet positif sur l’obésité sur des populations de souris grâce aux différentes molécules qu’elle contient (flavonoïdes, tannins, saponines, triterpénoïdes). Même si ces études n’ont pas été faites chez l’être humain, sachez qu’elle est aussi utilisée pour ces effets dans la médecine indienne traditionnelle[3].

Encore un exemple qui montre que se nourrir de plantes sauvages est doublement bénéfique. Vous profitez à la fois des propriétés des plantes, plus de l’exercice induit par la cueillette ! À quand votre tour ?

Ma vision de la stellaire

La stellaire incarne la douceur. Il suffit de l’observer attentivement dans son environnement pour s’en rendre compte. Son goût de noisette est fin, subtil et délicat, à l’image de ses petites fleurs étoilées. C’est son aspect féminin.

Mais gare à ne pas s’y méprendre! Sous cette délicatesse se cache une force tranquille redoutable. C’est en effet une des rares plantes que vous trouverez encore en hiver, même les plus rudes. Elle émane ce calme intérieur qui nous permet de nous adapter à n’importe quelles conditions extérieures. La petite ligne de poils sur sa tige témoigne de cette qualité à rester centré sur soi, quoi qu’il arrive.

Références
[1] Quality assessment and anti-obesity activity of Stellaria media (Linn.) Vill. Neerja Rani et al, BMC Complement Altern Med. 2012; 12: 145.[2] Antiobesity effect of Stellaria media against drug induced obesity in Swiss albino mice. Vijay R. Chidrawar et al, Ayu. 2011 Oct-Dec; 32(4): 576–584.
[3] Dilip K, Manashi D, Nazim FI. Few plants and animals based folk medicines from Dibrugarh District, Assam. Indian J Tradit Knowl. 2005; 4:81–5.

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Commentaires 4

  1. Je découvre votre site… Formidable !

    Benoîte, stellaire… vous m’avez ouvert l’appétit. Reste aussi à ouvrir les yeux. Car la stellaire je reconnais bien la fleur… mais n’ai jamais fait attention aux feuilles. Et je crois bien que j’ai de la benoîte au jardin !

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