Comment reconnaître et identifier les plantes sauvages comestibles et médicinales
Reconnaître les plantes sauvages est l’élément de base de la botanique et d’une cueillette sûre et respectueuse de l’environnement. Être sûr de ce que l’on cueille permet d’éviter les confusions avec les plantes toxiques et de ne pas récolter de plante protégée. Si vous débutez dans cet art, voici nos conseils en trois étapes.
Étape 1 : commencez par reconnaître les plantes sauvages les plus abondantes
Si vous n’avez aucune base en botanique ou en naturalisme, il vous faut commencer par les plantes de base, celles qui sont les plus communes et les plus abondantes. Ce sont les classiques qui se retrouvent partout et qui permettent de faire énormément de choses, tant du point de vue culinaire que du point de vue médicinal. Elles représentent environ une 50e de plantes et seront votre vocabulaire de base. Bien entendu, mes classiques ne seront pas les vôtres, car ils diffèrent d’une région à l’autre. Cette sélection de plantes sera unique à votre région et à votre terroir. Fantastique, non ?
Les bonnes ressources pour identifier une plante
Heureusement, ces classiques se retrouvent tout de même quasi partout, ce qui nous facilite la vie lorsqu’on débute. Pour savoir de quelles plantes il s’agit, vous pouvez consulter notre article sur les meilleures plantes sauvages comestibles et les autres de la section conseils pour débuter.
Ensuite, pour étendre un peu la liste, je vous suggère d’acquérir au moins deux types de livres sur les plantes sauvages.
Le premier sera un livre sur les plantes sauvages comestibles, comme celui que j’ai écrit : 54 plantes sauvages de Suisse romande et France voisine. Vous trouverez également une sélection d’autres livres ici. Le livre idéal contient 40 à 50 plantes maximum, des descriptions botaniques précises, des explications sur les risques de confusion et des recettes.
Le deuxième type de livre qu’il vous faudra est une flore, sans recettes, mais qui contiendra beaucoup plus de plantes. Celui que je vous conseille vivement pour débuter s’appelle « Quelle est cette plante ? », aux Éditions Ulmer. Ce type de livre vous permettra de trouver le nom d’une plante que vous rencontrerez dans la nature.
N’hésitez pas également à regarder des vidéos sur Internet. Au début, centrez-vous sur les plantes classiques ! Vous avez le reste de votre vie pour apprendre les autres, et c’est une quête sans fin de toute manière.
La première étape consiste donc à vous renseigner sur ces plantes en potassant vos livres et Internet, et à vous poser les questions suivantes :
- quel est son nom ?
- à quoi ressemble-t-elle ?
- mémorisez sa forme et sa couleur ;
- mémorisez dans quel milieu elle pousse ;
- que peut-on en faire ?
Maintenant, il faut pratiquer !
Il vous faut avoir ces plantes en tête, prendre vos livres et aller vous balader. Votre pratique ne va s’améliorer qu’avec un maximum de kilomètres parcourus ! Chaque occasion doit être saisie. J’en apprends beaucoup au quotidien en observant les plantes en bas de chez moi ou sur le trajet des courses.
Comme ces plantes sont communes, vous allez très vite les rencontrer. À ce stade, il n’y a pas vraiment de méthodologie : vous ouvrez votre livre et tentez de retrouver les plantes en regardant les photos et en comparant les descriptions. Lisez bien dans quels milieux elles poussent !
C’est la méthode la plus simple pour commencer. Durant cette étape, peu de connaissances en botanique sont nécessaires, car ces plantes sont faciles à déterminer. Vous pouvez même vous arrêter à celles-ci, tant elles sont abondantes, communes et permettent une infinité d’utilisations.
Puis, sortez de vos habitudes ! Même les classiques regorgent de surprises ! Essayez de nouvelles recettes ou utilisez des parties des plantes que vous n’avez jamais utilisées, oubliez les recettes des livres et expérimentez par vous-même.
Étape 2 : aller plus loin dans la reconnaissance des plantes
Durant la première étape, on potasse le livre et on tente de retrouver la plante par similarité. Mais cette méthode montre vite ses limites. Et comment faire l’inverse : partir de la plante qu’on ne connaît pas, qu’on a sous les yeux dans la nature, pour connaître son nom, donc sa comestibilité ou sa toxicité ?
Ceci s’appelle déterminer une plante. Et on entre ici dans un nouveau monde, celui de la botanique. Il vous faut donc des bases en botanique pour aller plus loin et des livres de détermination. Le sujet est très vaste et complexe, car la botanique est une science. Mais n’ayez pas peur, on peut s’y initier en douceur.
Cours en ligne
Avant d’aller plus loin, sachez que le site de référence TelaBotanica organise chaque année un MOOC, une formation en ligne en botanique. Je n’y ai jamais participé, mais elle a l’air vachement bien, comme on dit en Suisse ! En quelques semaines, vous obtiendrez toutes les bases nécessaires pour devenir un-e super cueilleur-se !
Utiliser une clé de détermination
Comment font les botanistes ? Ils utilisent une clé de détermination. C’est un ouvrage sans images, constitué de questions auxquelles on répond par oui ou non et qui permettent d’éliminer progressivement toutes les plantes jusqu’à arriver à un seul résultat. C’est la méthode qui permet la détermination la plus sûre.
Mais ces clés sont compliquées à utiliser car le vocabulaire est technique. Et elles contiennent beaucoup d’espèces rares que la plupart des cueilleurs ne rencontreront jamais.
Donc pour passer à l’étape suivante, il vous faut un bon ouvrage de détermination, mais qui ne soit pas trop complexe tout en contenant suffisamment de plantes pour être efficace et ne pas toujours tomber à côté. Et surtout, il faut qu’il fonctionne ! J’ai essayé de nombreuses clés avant d’en trouver une qui remplisse ces critères.
Voici donc l’ouvrage que je vous recommande pour vous initier à la botanique et à la détermination des plantes sauvages, comestibles ou non, en douceur. Je tiens à préciser que je n’ai aucun lien avec l’auteur, que je ne connais pas, mais que je remercie pour la qualité de son travail.
Le livre de détermination que je vous recommande
Ce livre, c’est « Reconnaître 700 plantes pas à pas » de Peter M. Kammer, aux éditions Delachaux et Niestlé. C’est un livre que j’ai longtemps attendu et qui conviendra à tous ceux qui sont déjà passés par la première étape et qui veulent se perfectionner.
Ce qui est intéressant avec ce livre, c’est qu’il est hybride. Il contient une clé avec des questions auxquelles on répond et qui permettent d’avancer dans la détermination, et une fois qu’on arrive au bout, on trouve une photo avec la description de la plante. On peut donc directement vérifier la correspondance entre la photo, la description et la plante dans son milieu pour confirmer la détermination. Et ça marche, j’ai rapidement eu 100 % de réussite. Le vocabulaire est volontairement simplifié et de nombreux schémas vous guident durant le processus.
Pourquoi ça marche ?
700 plantes, c’est suffisant pour couvrir les plantes les plus courantes de Suisse et de France. Donc l’auteur a omis les plantes rares, les plantes alpines et les plantes du littoral. C’est donc un ouvrage qui convient bien aux milieux de plaine.
Ce livre vous permettra de vous initier à la botanique en douceur. Prenez-le sur le terrain, prenez un après-midi rien que pour vous et profitez-en pour apprendre ! Bien entendu, ce sont 700 plantes parmi les milliers de la flore européenne, donc des fois, la clé ne marchera pas. Mais elle vous permettra cependant de vous approcher très près de l’espèce, en gros de déterminer le genre, ce qui est suffisant pour le cueilleur dans de nombreux cas.
Mais tout de même, c’est une clé, et cela prend du temps d’utiliser le livre. Donc si vous débutez complètement, choisissez d’abord un livre de l’étape 1 citée plus haut.
Voici quelques conseils d’utilisation :
- Ce genre de clés fonctionne lorsque la plante est en fleurs. Il est inutile de tenter de déterminer une petite feuille verte sans ses fleurs.
- Lisez bien les questions en entier, ne mettez de côté aucun élément.
- Si vous buttez, ce n’est pas grave. Cela m’arrive souvent 😉 Recommencez, il arrive que l’on ait mal interprété une question. Tentez de repérer où se situe l’erreur en faisant marche arrière.
- Il se peut que vous ne puissiez pas avancer parce que vous ne connaissez pas un terme de botanique. Tant mieux, c’est l’occasion d’apprendre !
- Pas de stress ! Vous avez toute une vie pour apprendre, et vous n’aurez jamais fini !
Accessible à tous ?
Est-ce que ce livre est fait pour tout le monde ? Je ne pense pas. Il faut avoir un attrait pour le monde des plantes et la botanique, prendre du plaisir à être assis en pleine nature, à observer de minuscules détails, à prendre son temps…
Si vous êtes pressé de reconnaître une plante, que vous n’êtes pas patient ou que vous n’avez pas assez de temps, je vous suggère de rester à l’étape 1 et de vous concentrer sur les 50 plantes de base de votre terroir. Vous serez probablement déjà comblé avec celles-ci.
Dictionnaire de botanique
Ce livre contient un glossaire à la fin. Même si l’auteur a simplifié le vocabulaire au maximum, il est important que vous connaissiez le vocabulaire de base. J’ai donc réalisé un dictionnaire de botanique au format PDF que vous pouvez imprimer et glisser dans le livre ou avoir sur votre téléphone. Ce glossaire contient 120 termes botaniques ainsi que 74 illustrations.
Étape 3 : utiliser une clé avancée
Vous avez déjà utilisé ce genre de livre comme Reconnaître 700 plantes pas à pas, vous connaissez le vocabulaire de base et vous avez vraiment croché dans la botanique ?
Je crois que vous êtes prêt à utiliser une véritable clé de botaniste, comme le « Guide d’excursion du Flora Helvetica » pour la Suisse ou la « Flore Bonnier » pour la France.
Et vous, quelle est votre expérience ?
N’hésitez pas à partager avec nous vos trucs et astuces pour reconnaître les plantes sauvages : cela nous intéresse et cela aidera certainement un lecteur du blog !
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Bonjour,
Merci pour vos conseils, j’enchaîne depuis quelques mois/années ces différentes étapes et je suis de plus en plus sollicitée pour le partager et organiser des sorties « reconnaissance des plantes comestibles ». Je ne me considère pas vraiment botaniste expérimentée mais avec ma cinquantaine de plantes courantes qui sont soit comestibles, soit sur lesquelles j’ai des choses à raconter, cela semble suffisant pour que les gens aiment apprendre avec moi.
J’ai récemment été sollicitée pour en faire une que je puisse facturer, donc la faire dans un cadre professionnel.
Avez-vous des conseils ou recommandation pour que je puisse le faire ? Qu’avez-vous fait vous même ? (formation, accréditation, assurance…)
Merci d’avance pour votre réponse !
Pascaline
de l’article
Bonjour Pascaline,
Bravo pour vous lancer dans l’aventure c’est un beau projet!
Concernant les conseils, pouvez-vous être plus précise dans vos questions? je pourrais ainsi plus vous aider. Par rapport à votre question: « Qu’avez-vous fait vous même ? (formation, accréditation, assurance…) ». Vous parlez de mon parcours et des formations que j’ai suivies?
Veuillez me répondre via le formulaire de contact svp: https://cueilleurs-sauvages.ch/contact-activite-plantes-sauvages/
Amitiés
Michaël